Une pharmacie des Deux-Sèvres s’est vue déconventionnée pour un mois, une sanction infligée par l’assurance maladie pour n’avoir pas délivré suffisamment de médicaments génériques, a-t-on appris jeudi 30 août auprès de l’officine, qui assure être la première ainsi sanctionnée.
La pharmacie située à Airvault, dans la région de Niort, s’est vu notifier en juillet qu’elle serait déconventionnée et ne pourrait appliquer aux clients le tiers-payant, dispensant les assurés sociaux de faire l’avance des frais. Sauf si elle embauche un pharmacien remplaçant, lui conventionné.
« D’après ce que je sais de source syndicale (pharmacienne), nous sommes les premiers. Ils ont voulu faire un exemple », a indiqué la co-gérante, Jacqueline Girardeaux, qui entend faire appel auprès du Tribunal des affaires sanitaires et sociales.
Jacqueline Girardeaux, confirmant une information du « Courrier de l’Ouest », a expliqué avoir été mise en garde par sa Caisse d’assurance maladie mi-2011, et s’être vue alors fixer un objectif de 60% de génériques pour la fin 2011. Elle n’a pu atteindre que 50%.
La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Deux-Sèvres a confirmé que les pharmaciens mis en cause « n’ont pas appliqué l’accord conventionnel du tiers-payant générique ».
« Le taux de distribution de médicaments génériques dans l’officine incriminée se situe de 30 à 50% alors que la majorité de la profession dans le département affiche des taux compris entre 75 et 80 % », a déclaré au Courrier de l’Ouest Julien Bouchereau, responsable régulation-juridique de la CPAM locale.
« C’est injuste et de mauvaise foi », estime Jacqueline Girardeaux, qui dit avoir fait son possible mais assure que de nombreux médécins prescrivent des médicaments « non substituables ».
La pharmacienne a assuré ne pas être contre les génériques « mais pour délivrer des génériques de qualité ». Elle a jugé qu’il y a actuellement « un retour de bâton, car on a ‘génériqué’ un peu tout et n’importe quoi, et on s’aperçoit qu’il y a des problèmes ».
L’assurance maladie tente d’enrayer la baisse de consommation des génériques, tendance qui a vu le taux de substitution des médicaments originaux (princeps) par des génériques stagner autour de 72% en avril, après avoir atteint 79% en 2010. L’Académie nationale de médecine a nourrit la controverse en février en soulignant que le générique n’était « pas la copie conforme » de l’original.
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